OU L’ON DECOUVRE COMMENT LUDWIG WITTGENSTEIN ENTREPREND DE NETTOYER LA PENSEE
Comment nous servons—nous des mots ? Comment se fait-il qu’ils correspondent à la réalité ? Quand arrive-t-il que nous prenions les mots pour des réalités, alors qu’ils ne sont que des façons de dire? Par quel moyen pouvons-nous nous rendre compte de ces méprises ? Est-il possible d’y mettre un terme ? Ou de les atténuer? Voilà le genre de questions qui n’ont cessé de tarauder Ludwig Wittgenstein.
C’est à sa façon un personnage de roman. Ingénieur, soldat, jardinier, instituteur, architecte, professeur, ermite, brancardier... Il ne cesse de changer d’apparence. Son génie nomade rompt avec quantité d’entourages, tout en élaborant une œuvre immense et radicale. Sa démarche philosophique, décisive et atypique, est une des plus originales des temps modernes. Rien d’étonnant à voir son influence croître sans cesse depuis sa disparition en 1951.
Il a fallu du temps pour prendre la mesure de son apport, puisqu’il ne public presque rien de son vivant. Ce qui le passionne d’abord ? Musique et mécanique. La musique est inévitable, quand on vit à Vienne, en 1889, dans un palais ou voisinent sept pianos et où tout le monde est névrosé et virtuose — c’est pour Paul, le frère pianiste qui perdit un bras à la guerre, que Ravel composera le Concerto pour la main gauche. Brahms est un intime de la famille, comme le peintre Klimt et bon nombre d’artistes. Le père, Karl, est richissime : il reçoit les Carnegie et les Krupp. Mais ce maître de forges est un ami des arts nouveaux, il aime particulièrement ce qui choque les bourgeois autrichiens.
L'enfant et la machine a coudre
Le petit Ludwig ne rêve pas seulement de devenir chef d’orchestre. Il fabrique seul, de toutes pièces, à onze ans, une machine à coudre. Roues dentées, moteurs, avions forment son univers. Il fréquente, à Linz, une école privée. Dans sa classe, un certain Adolf Hitler. Il n’est pas impossible que Ludwig soit le jeune juif brillantissime dont parle Hitler, et dont il voudra plus tard se venger. Toutefois, il convient aussi de prendre garde a la prolifération de la fiction. Mieux vaut se méfier de la tendance qui consiste a finir par voir Wittgenstein partout. A vingt ans, il entame des études d'ingénieur et part à Manchester apprendre les systèmes de propulsion des avions. Les mathématiques commencent à le passionner, et bientôt les questions logiques et philosophiques qu’elles soulevent. Il va suivre à Cambridge les cours de Bertrand Russell, qui vient de publier avec Whitehead les Principia Mathematica. Visiblement, Wittgenstein est attiré par la théorie logique pure et l’abstraction philosophique. Il hésite pourtant. Est-ce bien sa voie ?
Dans Portraits of Memory, Russell se souvient de ce jeune homme pas comme les autres : il était étrange, et ses notions me paraissaient bizarres, de sorte que tout un trimestre je ne pus me résoudre a savoir si c'était un homme de génie ou simplement un excentrique". A la fin de son premier trimestre à Cambridge, il vint me voir et me dit : "S’i1 vous plaît, dites-moi si je suis complètement idiot ou pas". Je répondis: "Mon cher, je n’en sais rien, pourquoi me le demander ?” Il dit : parce que, si je suis complètement idiot, je deviendrai aéronaute; sinon, je deviendrai philosophe.” ]e lui dis de m’écrire quelque chose, pendant les vacances, sur un sujet philosophique, je lui dirais alors s’il était complètement idiot ou non. Au début du trimestre suivant, il m’apporta le résultat de cette suggestion. Après avoir lu une seule phrase, je lui dis: “Non, vous ne devez pas devenir aéronaute.” Et il ne le devint pas. »
Il devint soldat, car la guerre venait d’éclater. Affecté à un torpilleur sur la Vistule, Wittgenstein écrit son premier livre sur de petits carnets — dans le bruit des machines, la fatigue et le froid. Objectif : en finir avec la philosophie. L'essentiel réside dans une critique du langage capable de dissoudre les questions artificielles de la métaphysique. Les seules phrases pourvues de sens décrivent des faits, des événements ayant lieu dans le monde. En quoi consiste le monde lui-même, sa texture, sa présence ? Voila qui demeure impossible à dire.
Si je dois répondre at la question "qu’est-ce que le vert? " posée par quelqu’un qui n’en sait rien, je ne peux que dire "c’est ca »... en lui montrant quelque chose de vert. Cette réalité extérieure au langage, nous pouvons la montrer du doigt et l'éprouver, mais pas la dire. Wittgenstein la nomme "le mystique". L’erreur Ia plus commune est de vouloir exprimer cet indicible. Contre cette illusion, il pose comme règle : "Ce qu'on ne peut dire, il faut le taire."
Instituteur en Basse-Autriche
Le court volume qui rassemble ses analyses est d’un titre dissuasif : Tractatus logico-philosophicus. Publié en 1921, il est vite considéré par les lecteurs capables de le comprendre (ne fût-ce qu’en partie...) comme un des plus grands ouvrages de son temps. Wittgenstein, lui, s’en désintéresse complètement. Il est déja ailleurs. Il hérite d’une part de l’immense fortune patemelle, et s’en débarrasse aussitôt par un don à ses frères et soeurs — moins perturbés par cet argent, explique-t-il, que ne l’auraient été de pauvres gens.
Apres avoir été quelque temps jardinier au monastère de Hütteldorf en Basse-Autriche, il décroche son diplôme d’instituteur, mais part se construire une cabane en Norvège à Skjolden, au bord d’un lac désert. Il y vit le temps d’un été, avant d’apprendre à lire et à compter aux petits montagnards autrichiens dans des villages perdus: Puchberg, Trattenbach, Otterthal... Au bout de quelques années, il se lasse. Contrairement à ce que Rousseau laissait espérer, les paysans sont mesquins, leurs enfants bornés. Qu'est-il allé faire dans ces coins perdus? "Il est devenu complètement mystique", écrit Russell. Angoisse et instabilité ne le quittent jamais, son homosexualité le rend coupable. Keynes, en 1924, tente de le remettre au travail. "Tout ce que je devais réellement dire, je l’ai dit et, par le fait, la source est tarie. Cela sonne curieusement, mais c’est ainsi", répond Wittgenstein. Il lui faut encore quelque temps avant de retrouver le chemin de l'université. Il construit une maison à Vienne pour sa soeur Margarete, dessine les plans, les portes, les serrures, les radiateurs... On peut l’admirer encore sur la Kundmanngasse. Son style d’architecture évoque celui de Loos.
Wittgenstein revient finalement at Cambridge en 1929. Il soutient sa thèse de doctorat sur le Tractatus, en précisant aux membres du jury, dont Russell : "Ne vous en faites pas, je sais que vous n’y comprendrez jamais rien." Devenu professeur, cet énergumène ne fait rien comme tout le monde. Au lieu de donner des cours, il réunit quelques étudiants dans sa chambre et leur dicte, interminablement, ses pensées. Sous la forme de devinettes curieuses, de jeux qui ressemblent a des histoires à dormir debout. Au premier abord, car de proche en proche, à force de repasser at proximité des mêmes énigmes par une série de circuits différents, le paysage entier se trouve transformé.
"Une vie merveilleuse"
Celui que les experts nomment aujourd’hui’hui "WittgensteinII" invente alors une manière nouvelle de penser. Il critique ses analyses antérieures. Ce qui l'intéresse : démêler les multiples maniéres que nous avons d’actionner les mots, de nous "débrouiller" — ou de nous "embrouiller" — avec le sens fluctuant que nous leur attribuons. "Un mot n’a pas un sens qui lui soit donne pour ainsi dire par une puissance indépendante de nous; de sorte qu’il pourrait y avoir une sorte de recherche scientifique sur ce que le mot veut réellement dire. "Un mot a le sens que quelqu’un lui a donne." Il poursuit, loin de sa rigidité d’autrefois : "Beaucoup de mots n’ont pas de sens strict, mais ce n’est pas un défaut. Penser le contraire serait comme de dire que la lumière de ma lampe de travail n’a rien d’une véritable lumière, parce qu’elle n’a pas de frontière nette." Ces années de promenade à haute voix dans la pensée le mobilisent mais ne le satisfont pas. Des cahiers ronéotés circulent. Le penseur continue d’expérimenter, mais ne publie rien. Il poursuit son errance imprévisible, part en URSS, retrouve ensuite sa cabane en Norvège, revient enfin à Cambridge, s’y voit attribuer une chaire prestigieuse en 1939. Il la quitte pendant la guerre pour devenir brancardier, démissionne de l’université à la fin des combats et repart vivre, en Irlande cette fois, dans une hutte de pêcheur. D’autres périples encore occupent la fin de sa vie : États-Unis, retour à Vienne, dernier passage en Norvège. Chercheur de repos toujours en mouvement, Wittgenstein meurt d'un cancer le 29 avril 1951. Dernière phrase: "Dites-leur que j’ai eu une vie merveilleuse." Plaisanterie ultime ou bien, tout simplement, vérité ?
La chasse au faux problème
Car sa vie, en un sens, fut merveilleuse. Selon d’autres critères, évidemment, que la réussite sociale, financière ou académique. Avec une extraordinaire liberté, il a inventé une manière — fiévreuse et fragile, inflexible et inquiète — de poursuivre sa quête. Mais que cherchait-il au juste ? Comment définir le style de sa pensée? Ce que nous faisons consiste à nettoyer nos notions, à clarifier ce qui peut être dit du monde." En départageant ce que peuvent nos mots et leur usage et ce qui reste hors de portée du langage, il a perfectionné la chasse au faux problème. Son activité propre ne consiste pas à "faire" de la philosophie, mais plutôt à la défaire. Il ne travaille jamais pour perpétuer la masse de questions engendrée par vingt-cinq siècles de rumination métaphysique. Au contraire, il entreprend d’y faire le ménage. Mieux: il rêve d’abord de parvenir, à la limite, à dissoudre cette carapace. A ses yeux, la plupart des problèmes naissent d'illusions, d’erreurs et de malentendus engendrés par nos manières de dire. La réflexion doit mener "un combat contre la fascination que des formes d’expressions exercent sur nous". A Cambridge, pour défaire ce qu’il nomme joliment les "crampes mentales", Wittgenstein cherche à distinguer les usages que nous faisons des mots. Si nos termes ont l’air d’être toujours les mêmes, nous ne leur donnons pas un sens identique pour interroger ou affirmer, commander ou décrire, supposer ou geindre. Pour faire saisir ces situations distinctes, Wittgenstein invente des "jeux de langage" — courtes fictions, descriptions de mondes imaginaires. Dans un univers qui durerait seulement vingt minutes, imaginons qu’une institutrice apprend à compter à ses élèves. Dirions-nous qu'elle fait des mathématiques ? Ou bien : quand nous crions "Aïe !" , pouvons-nous penser à de l’ail? Ou encore: si l’on imagine Goethe essayant d’écrire une symphonie de Beethoven, pourquoi éprouve-t-on un sentiment de gêne ?
L'étrangeté apparente de ces jeux peut évoquer certaines pratiques du bouddhisme zen. Il existe d’autre points de proximité : l'intention de "nettoyer" la pensée, de se défaire des crispations, de promouvoir une doctrine—outil. Wittgenstein compare son travail a une échelle : indispensable pour grimper, on ne l’emmène pas avec soi une fois passé le mur — ce qu'on peut rapprocher du Bouddha comparant sa doctrine à un radeau, qu’on ne porte pas sur son dos une fois parvenu à l’autre rive. On ajoutera a ces éléments de parallélisme possible une dimension existentielle de la pensée, entraînant une modification de la vie. "Le travail en philosophie [...] est avant tout un travail sur soi-même", écrit-il, ajoutant ailleurs : "La solution du problème que tu vois dans la vie, c’est une manière de vivre qui fasse disparaître le problème." La meilleure façon de nettoyer la pensée serait-elle de transformer son existence ? Wittgenstein semble l’avoir cru. On le comprend mieux depuis une dizaine d’années, grâce à la découverte de ses Carnets, qu’on croyait perdus, rédigés à Cambridge et à Skjolden, dans sa hutte de Norvège. On y découvre un homme qui rêve de composer des mélodies, craint d’être happé par la folie et considère que la philosophie n'a que le faible pouvoir "d’apaiser l’esprit sur des questions insignifiantes". Ce Wittgenstein-la demeure un chercheur d’absolu en solitaire. Il traque Dieu et ne trouve personne, mais avec un grand style... "Une âme qui, plus nue qu’une autre, va du néant à l’enfer en traversant le monde, fait une plus grande impression sur le monde que les âmes bourgeoises habillées."
Cette phrase, évidemment, parle aussi de lui. Et peut—être, paradoxalement, de sa "vie merveilleuse". Demeurer toujours "une âme plus nue qu’une autre",ne jamais interrompre le voyage, ne cesser ni de chercher ni d’errer, être un génie sans prendre la pose, enseigner a Cambridge mais s'en moquer tout a fait, aller au cinéma voir des Westerns plutôt que d’écrire un article pour la revue Mind, nettoyer constamment la philosophie et mettre une cravate, un jour, pour offrir dans sa loge des roses rouges Yvette Guilbert... sans doute est—ce cela, une vie merveilleuse.
Un homme sans certitude
La place de Wittgenstein demeure malaisée à délimiter, et les discussions autour de la portée de son œuvre demeurent ouvertes. Schématiquement,
il est devenu habituel de distinguer une première partie de son trajet - celle du Tractatus logico-philosophicus, ou encore "Wittgenstein I » destinée à en finir avec la philosophie. Celle-ci ne construirait rien, ne changerait nullement le monde, mais au contraire laisserait tout en l’état. Son impact est seulement critique.
L’essentiel de l’activité philosophique, pour ce Wittgenstein première manière, est une critique du langage qui doit aboutir a une sorte d’autodissolution. Les seules phrases pourvues de sens sont celles qui décrivent des faits, des événements ayant lieu dans le monde. En ce sens, la science est possible et ne fait que dire le monde. Mais ce monde lui-même — sa texture, sa présence — demeure impossibles a dire. L’erreur la plus commune consiste a tenter d’exprimer cet indicible. La métaphysique, de ce point de vue, est impossible et illusoire.
Avec ce court volume, l’affaire est-elle close? Wittgenstein semble parvenu à démêler ce qu’il convient de faire pour utiliser légitimement nos phrases et ce qu’il faut éviter pour ne pas tomber dans le verbiage creux des philosophes. Voila qui suffit. Pourtant, dans les années 1930, a Cambridge, bien des éléments se modifient. Les jeux de langage diversifient grandement les approches et les perspectives. Et les "Investigations philosophiques", ainsi que les "Fiches", marquent la rupture de "Wittgenstein II" avec la pensée de son prédécesseur, "Wittgenstein I". Il se pourrait qu’on ne doive pas en rester à cette commode mais schématique bipartition entre "I" et "II". Au soir de sa vie, entre 1949 et 1951, Wittgenstein rédige une suite de notes, numérotées de 1 a 676, la dernière étant griffonnée deux jours avant sa mort. Le texte, publié sous le titre "De la
certitude", peut déconcerter. Il n’expose pas, de manière classique, le développement d'une analyse suivie. Il revient plutôt, de séquence en séquence, sur les mêmes difficultés, vues chaque fois d'un point de vue différent. But : défaire un nœud de faux problèmes enchevêtrés. Moyens : humour et logique, incarnés par des histoires, au premier regard insolites ou loufoques.
En voici quelques exemples :
430. ]e rencontre un Martien et il me demande: "Combien d’orteils ont les êtres humains ?" — ]e dis : "Dix. ]e vais te le montrer", puis je me déchausse. S’il s’étonnait que j’aie su cela avec tant d’assurance sans avoir regardé mes orteils, vais—je dire: "Nous autres, être humains, savons combien d’orteils nous avons, que nous les voyions ou non » ?
450. ]e suis assis avec un philosophe dans le jardin ; il dit à maintes reprises : "je sais que ceci est un arbre" tout en désignant un arbre prés de nous. Une tierce personne arrive et entend cela, et je lui dis : "Cet homme n’est pas fou. Nous faisons de la philosophie."
Que tente de dissoudre ainsi Wittgenstein? Une fausse conception, typiquement philosophique, du doute et du savoir. Dire, face a un arbre, que nous savons que c’est un arbre, voila bien une situation... qui n’arrive jamais ! Si on la fabrique artificiellement, on forge en même temps l’illusion d’un savoir qui ne correspond à rien. De son point de vue, il n’y a pas de sens at dire "je sais que ceci est ma main", ou "j’ai dix orteils, j’en ai la certitude". Car, en fait, nous n’y pensons jamais. Du coup, ce qui caractérise la certitude n’est pas d’être explicite, mais au contraire de demeurer silencieuse.
Personne ne doute que la Terre existait il y a cent ans. Peut-on dire que chacun d’entre nous le "sait"? L'homme raisonnable, insiste Wittgenstein, n'a pas certains doutes, Mon nom est-il bien mon nom ? Mes deux mains disparaissent-elles quand je dors ? La langue que je parle est-elle bien celle que je crois parler? L'adresse de mon domicile est-elle bien celle que je crois connaître ? Autant de questions qu’on se pose seulement si l’on est fou, ou philosophe. Dans la vraie vie, il en va tout autrement : "476. L’enfant n’apprend pas que les livres existent, que les fauteuils existent, etc., — il apprend à aller chercher des livres, à s’asseoir dans des fauteuils, etc. »
A la certitude comme produit artificiel qui aurait su résister à la grande machine à douter des philosophes, Wittgenstein oppose une certitude-forme de _ vie. Au lieu d’être un point d’arrivée, c’est un point de départ — une sorte d’évidence animale intégrée à l'action. Cette certitude n’est pas intellectuelle ou conceptuelle. Elle ne résulte pas des doutes, elle nous permet de les construire, c'est elle qui constitue la toile de fond. Au commencement est la certitude. Si évidente, si ancrée dans l’action et l’usage, si corporelle qu’il faut renoncer à toute idée de la justifier logiquement.
On est encore loin d’avoir vraiment appréhendé cette révolution. Si on la prend au sérieux, toute la question du savoir est à poser autrement. Au "je sais que je ne sais rien" de Socrate, au "que sais-je ?" de Montaigne, au que puis-je savoir ?" de Kant, il faut désormais ajouter la perturbation de Wittgenstein. Elle se résume ainsi : "]e vis d’abord, je sais ensuite." Ou bien, si on veut le dire à sa maniére ; "]e ne savais pas que j’avais dix orteils avant qu'un Martien ne me pose la question."
Roger-Pol DROIT in "Maîtres à penser"
samedi 28 janvier 2012
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