Introduction:
Nous
allons considérer les droits de l'homme dans le contexte des pays
à économie planifiée. La comparaison nous semble pertinente
au regard de cette remise en cause de la conception libérale de
la relation entre l'individu et la propriété - tout en gardant
l'idée de la valeur fondamentale de toute personne.[1]
Pour
le marxisme, les libertés dans les démocraties libérales
sont de caractère illusoire et sont déterminées en
fonction de leur efficacité à exploiter les travailleurs.
De plus, selon le marxisme, la valeur individuelle défendue par
le régime libéral est la valeur marchande.
Notre
analyse va s'attacher à considérer la critique marxiste de
la conception libérale des droits de l'homme, et plus particulièrement
le fait que ces droits ne seraient qu'une auto-légitimation de la
part du système capitaliste - inégalitaire sur le plan pratique.
A. Critique marxiste des Droits de l'Homme
La
critique marxiste des droits de l'homme est radicale.[2]Seul
le fascisme a rivalisé avec une telle remise en cause de l'idée
des droits fondamentaux des individus.[3]
Pourtant, il serait inexact d'assimiler le fascisme au marxisme, même
s'ils sont également déterministes - seulement, pour Marx,
l'Histoire est déterminée par une dialectique matérielle,
alors que pour les fascistes, l'Histoire est déterminée par
une lutte de races - plutôt que de classes.
Ainsi,
le fascisme repose sur une hypothèse raciale inégalitaire
; par contre, le marxisme repose sur une égalité normative.
D'ailleurs, la critique marxiste des Etats libéraux repose sur le
respect de la personne. En revanche, le fascisme critique l'Etat libéral
pour son incapacité à affirmer certaines vertus martiales.
Enfin,
la critique marxiste des droits de l'homme est nuancée,[4]
et mérite à ce titre d'être considérée.
En outre, la position marxiste n'est pas un refus absolu des droits de
la personne, mais se présente plutôt comme une relativisation
de ces droits par rapport à la lutte des classes - et l'historicisme
matérialiste.
De
façon rapide, on pourrait dire que la critique marxiste affirme
que les droits et les libertés individuelles des démocraties
bourgeoises ne seraient qu'illusoires, vides de signification et purement
formelles.[5]
En effet, la classe ouvrière, manquant de moyens économiques
et intellectuels afin de faire respecter ses droits, serait victime d'un
jeu de "passe-passe",[6]
où les principes d'égalité et de légalité
- en théorie - masqueraient la r&eaccute;alité des inégalités
de fait ; ces inégalités seraient le reflet de la lutte sociale
entre les différentes classes. Ainsi, selon Marx, supprimer les
différences de classes serait le début de la fin de l'inégalité
et le commencement de la réalisation de la personne. La critique
de Marx se réfère spécifiquement à l'exemple
français :
"Avant
tout, nous constatons que les droits dits de l'homme, les droits de l'homme
par opposition aux droits du citoyen, ne sont rien d'autre que les droits
du membre de la société bourgeoise, c'est-à-dire de
l'homme égoïste, de l'homme séparé de l'homme
et de la collectivité.
(…)
L'égalité, prise ici dans sa signification apolitique, n'est
que l'égalité de la liberté décrite plus haut,
à savoir que chaque homme est considéré de façon
équivalente comme une telle monade reposant sur elle-même.
La constitution de 1795 définit le concept de cette égalité,
conformément à son importance, de la manière suivante
:
Art.
3. (Constitution de 1795). « L'égalité consiste dans
le fait que la loi est la même pour tous, soit qu'elle protège,
soit qu'elle punisse.»
La
sûreté
Art.
8. - (Constitution de 1795). - « La sûreté consiste
dans la protection accordée par la société à
chacun de ses membres pour la conservation de sa personne, de ses droits
et de ses propriétés.»
La
sûreté est le concept social suprême de la société
bourgeoise, le concept de la police, selon lequel toute la société
n'est là que pour garantir à chacun de ses membres la conservation
de sa personne, de ses droits et de sa propriété. En ce sens
Hegel appelle la société bourgeoise l'«État
de nécessité et de l'entendement ».[7]
Ainsi,
la critique de Marx est une condamnation globale du régime libéral.[8]
Pour lui, ce régime serait soucieux de la protection des intérêts
capitalistes, en ignorant ceux des travailleurs.[9]
Selon les marxistes, l'idée de liberté serait une construction
de la société - et pour la société - selon
certaines conditions matérielles.
"Hegel
a été le premier à représenter exactement le
rapport de la liberté et de la nécessité. Pour lui,
la liberté est l'intellection de la nécessité. «
La nécessité n'est aveugle que dans la mesure où elle
n'est pas comprise. » La liberté n'est pas dans une indépendance
rêvée à l'égard des lois de la nature, mais
dans la connaissance de ces lois et dans la possibilité donnée
par là même de les mettre en oeuvre méthodiquement
pour des fins déterminées. Cela est vrai aussi bien des lois
de la nature extérieure que de celles qui régissent l'existence
physique et psychique de l'homme lui-même - deux classes de lois
que nous pouvons séparer tout au plus dans la représentation,
mais non dans la réalité. La liberté de la volonté
ne signifie donc pas autre chose que la faculté de décider
en connaissance de cause. Donc, plus le jugement d'un homme est libre sur
une question déterminée, plus grande est la nécessité
qui détermine la teneur de ce jugement.
La
liberté consiste par conséquent dans l'empire sur nous-mêmes
et sur la nature extérieure, fondé sur la connaissance des
nécessités naturelles ; ainsi, elle est nécessairement
un produit du développement historique ; mais tout progrès
de la civilisation était un pas vers la liberté."[10]
Ainsi,
la critique marxiste est relative, reconnaissant que - dans le développement
historique - la protection limitée des droits de la personne dans
le système de production capitaliste est malgré tout supérieure
au stade féodal précédent.[11]
Cependant, selon lui, pour atteindre une étape plus évoluée
dans la civilisation, il faudrait supprimer les relations "propriétaires"
et les remplacer par des relations humaines.
Nous
pouvons noter que la critique marxiste des droits de l'homme se réduit
en partie à une critique du droit de la propriété.
Loin d'être le moyen par lequel s'exerce la liberté, le marxisme
voit la propriété privée comme le mécanisme
définitif de l'oppression et une source de séparation entre
les hommes.[12]
La résolution de ces inégalités serait une révolution
destinée à la mise en oeuvre d'une dictature temporaire du
prolétariat comme étape vers la disparition de l'État,
et son remplacement par la société.[13]
En
ce qui nous concerne, cette critique - que les "droits de l'homme" sont
vides de signification en pratique et qu'ils cachent mal les inégalités
de fait par une égalité juridique - nous semble partiellement
correcte.[14]
La réponse de ceux qui défendent les démocraties libérales
est qu'un droit théorique est la panacée ; et que si les
démocraties libérales sont mauvaises, les régimes
marxistes sont pires.[15]
Pour
analyser la justesse de cette critique (considérée dans notre
conclusion), il importe de présenter quelques concepts fondamentaux
du marxisme, et, ensuite, de définir la conception des droits de
la personne au regard de la théorie marxiste.
B. Conception marxiste des droits de la personne en théorie
Une
idée centrale du marxisme est que l'Histoire suivrait un développement
progressif selon des stades successifs. Ce progrès conduirait à
une amélioration de la vie des personnes par le développement
de nouvelles technologies (relations de production). En outre, le moteur
de ce processus dialectique[16]
entre la passé et l'avenir serait la lutte sociale, et plus particulièrement
la lutte des classes. Ce progrès, plutôt que tiré vers
des finalités idéalistes (le cas des hégéliens)
serait poussé par des forces matérielles (forces de production).
Ce
matérialisme historique implique l'abandon d'une conception jus
naturaliste et métaphysique de la nature humaine.[17]
Ainsi, nous considérons le marxisme comme un positivisme normatif
avant l'établissement du communisme anarchique. Avec ce fondement,
nous pourrions analyser les régimes juridiques transitoires pour
le communisme, construits par cette pensée antinomique.
C. Conception marxiste des droits de la personne en pratique
Notre
analyse se dirige maintenant vers la pratique des droits de l'homme dans
les pays marxistes. Nous allons examiner unnombre
surprenant de parallèles entre les deux systèmes, respectivement
marxiste et capitaliste. Ceci pourrait être le résultat d'un
relativisme moral conduisant à un volontarisme pur, et le fait que
la valeur de progrès économique est une valeur commune aux
deux systèmes.
Comme
dans les démocraties libérales, les droits de l'homme dans
les dictatures prolétariennes sont relatifs,[18]
et soumis au principe de légalité[19]
; de même, dans les démocraties libérales, les droits
appellent des devoirs réciproques[20].
Cependant, à la différence de la pensée libérale,
le marxisme est collectiviste ; ainsi, la pratique des régimes marxiste
respecte davantage les droits collectifs qu'individuels[21]
- ces derniers étant subordonn&eacutte;s aux besoins collectifs.[22]
Ainsi
de façon symétrique - mais avec une téléologie
différente - des mécanismes juridiques (volontarisme judiciaire[23])
ont été mis en oeuvre dans les dictatures prolétariennes
afin de garantir des normes d'un caractère général
et abstrait, ayant ainsi une certaine valeur universelle de légitimation.
Ces
parallèles démontrent que les questions de volontarisme et
de relativisme sont à placer au-delà du système économique.
Ainsi peuvent être érigés des totalitarismes au nom
du peuple, du chef, ou de l'argent. Pour cette raison, notamment, on peut
noter un scepticisme contemporain face aux projets de transformation politique
et économique dont les idées utopiques semblent être
épuisées.
D. Conclusion : Critique libérale des régimes marxistes
En
conclusion, nous pourrions dire que les démocraties libérales
ont pu réclamer davantage de "liberté" et les démocraties
socialistes plus d'"égalité" - au niveau de la défense
des droits de l'homme. Enfin, la lutte entre ces deux systèmes porte
sur la différence fondamentale entre égalité de fait
et égalité juridique.
L'une
des critiques libérales[24]
du marxisme est le fait de prolonger la dictature du prolétariat
à une période indéfinie.[25]
La réponse de la part du marxisme est que les dictatures du prolétariat[26]ont
réussi à mettre en oeuvre une sorte de rechtstaat,
la "légalité socialiste".[27]
Hormis les excès staliniens, cette affirmation est de fait largement
correcte - précisément près Khrustchev.
Une
autre critique portant sur le marxisme[28]
est sa subordination de la liberté au service de son idéologie,
et le monopole du parti communiste sur le pouvoir.[29]
La
critique économique de ces régimes est d'ordre pratique :
le fait qu'une vision collectiviste[30]
ignore la motivation du profit, et n'est pas réaliste. Dans son
rôle élargi de producteur, l'Etat - qui ne pouvait pas disparaître
face à l'existence des régimes capitalistes - ne pouvait
s'appuyer que sur l'idéalisme des travailleurs (Stakhanovisme) ou
sur le travail (forcé).
Par
ailleurs, aussitôt que le marxisme a été perçu
comme une oppression collective de l'individu - plutôt qu'une force
pour sa libération - la force morale de légitimation de cette
idéologie a été perdue - et ainsi sa capacité
d'expansion. En effet, une idéologie universaliste de libération
qui ne libère pas perd de sa puissance de légitimation. Ainsi,
l'expérience du marxisme soutient une partie de nos affirmations
sur la légitimation des régimes politiques par les droits
de l'homme.
Il reste
à voir, dans le monde post-communiste, les nouvelles limites de
l'État et de l'individu dans le domaine de la "propriété",
ainsi que la capacité à intégrer des sociétés
diverses dans un ordre mondial basée sur les réseaux informatifs
et les nouvelles technologies.
Enfin,
notre justification pour l'étude d'un système juridique semblant
obsolète est la possibilité qu'il revienne dans l'Histoire.
Ainsi,
on pourrait déceler historiquement des cycles faisant alterner dans
le temps collectivisme et individualisme ; ces tendances se manifesteraient
par la nationalisation et la privatisation. Dans cette même perspective,
la tendance actuelle serait la privatisation et l'individualisme. Dans
l'éventualité de l'existence fondée de ces cycles
historiques, on assisterait éventuellement au retour de la collectivisation
et de la nationalisation.
Ainsi,
nous pourrions tenter de mesurer - du moins partiellement - l'amplitude
de ces cycles, ce qui nous semble montrer de nouvelles voies de recherche.
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NOTES:
[1]Ainsi
la distinction avec le fascisme, qui affirme que le valeur humaine des
maîtres et qui ne pose pas la question des relations du propriété.
[2]"C'est
à Marx et Engles que l'on doit les plus virulentes critiques contre
la théorie des droits naturels de la personne. La doctrine marxiste
(v. notamment le Manifeste communiste de 1847) rejette absolument et catégoriquement
la notion de droits individuels considérés comme des limites
au pouvoir étatique. Fondée sur la lutte des classes qui
serait le moteur de l'histoire, la doctrine marxiste affirme que la notion
de droits individuels abstraits marque le pouvoir de la classe dominante
sur les classes dominées ... seul le régime collectiviste
permet, pour les auteurs marxistes, la mis à disposition des citoyens
des moyens propres à la réalisation des libertés".
Leclercq, Claude
Libertés Publiques.
Paris : LITEC (1994). P. 17.
[3]
Droits de la personne dans les démocraties socialistes"les critiques
les plus radicales ...des « droits naturels » : celle des fascismes,
déniant toute valeur à la personne humaine en tant que telle,
et à la liberté...[et] celle du marxisme, hostile à
la transcendance des droits naturels, et à leur indépendance
à l'égard du mouvement de l'histoire." Rivero, Jean Les Libertés
Publiques, Paris : PUF Themis (1974). P. 126.
[4]"Les
idéologies fascistes sont destructrices et contemptrices des libertés.
Le marxisme dans sa philosophie, l'URSS, postérieurement à
l'époque stalinienne, les démocraties populaires modernes
font place à des libertés qui sont d'un type différent
de celui des démocraties libérales classiques."
Colliard, Claude-Albert,
Libertés Publiques.
Paris: Dalloz, 1989. P. 39.
[5]"Pour
les marxistes, ces libertés sont essentiellement « formelles
» au sens où elles seraient vides de toute substance réelle,
et donc, de pure forme." Vincesini, Jean Jacques Le Livre des Droits de
l'Homme. Éditions Robert Laffont (1985). P. 186.
...Critique marxiste
accusant les libéraux d'avoir hypocritement proclamé des
droits et libertés dont la masse des citoyens ne peut jouir effectivement,
n'ayant pas les moyens matériels ou intellectuels pour les mettre
en oeuvre.
...La liberté
doit commencer par la libération matérielle : satisfaire
d'abord les besoins par l'élévation du niveau de vie - priorité
aux droits sociaux - et la reste sera donné par surcroît.
Les régimes communistes ont toujours
dénoncé les libertés « bourgeoises » comme
formelles et prétendu (et prétendent encore pour la Chine
ou la Cuba) donner à leurs ciroyens des libertés réelles
en leur fournissant les moyens matériels ou intellectuels de réaliser
leur liberté" Roche, Jean; Pouille, André Libertés
Publiques : Éditions Dalloz (1997). P. 11.
[8]"Cette
conception [marxiste de le droit de l'homme] conduit nécessairement
à la condamnation de celle qui s'affirme dans la Déclaration
de 1789. Selon l'analyse marxiste, les droits de l'homme de la Révolution
ne sont que le reflet de l'avènement de la classe bourgeoise. Sous
le voile de l'universalisme, ils sont un moment de l'histoire, les armes
dont se dote la bourgeoisie pour arracher le pouvoir à l'ancienne
aristocratie, et asseoir sa domination sur le peuple.
D'où l'hypocrisie fondamentale qui affecte
la Déclaration L'universalisme des formules, en effet, peut donner,
à ceux qui sont économiquement en état d'oppression,
l'illusion qu'ils sont libres et, par là, leur ôter la conscience
de leur servitude. En réalité, les droits théoriquement
reconnus à tous n'ont de contenu réel que pour les possédants,
qui disposent des moyens économiques de les mettre en oeuvre. Pour
les autres, ils définissent des pouvoirs purement abstraits, dont,
faute de ressources, ils ne peuvent se servir. Les libertés traditionnelles
ne sont donc, selon le marxisme, que des libertés formelles, privées,
pour le plus grand nombre, de tout contenu réel et, par là
,des privilèges de classe.
Colliard, Claude-Albert,
Libertés
Publiques. Paris: Dalloz, 1989. P. 39.
Vincesini, Jean Jacques
Le Livre des Droits
de l'Homme. Éditions Robert Laffont (1985). P. 188.?
a) Excessifs dans la
mesure ou ils faisaient systématiquement prvaloir l'individu sur
la société ; générateurs d'injustice lorsque
les citoyens les plus favorisés en jouissant dans leur plénitude
au détriment des déshérités (liberté
réelle pour les premiers, liberté formelle dégénerant
en frustration pour les seconds).
b) Insuffisants car ils
n'accordaient à l'homme qu'une protection médiocre ou même
nulle dans sa condition de père de famille, de travailleur, «
d'homme de tous les jours », pourrait-on dire."
Roche, Jean; Pouille, André Libertés
Publiques : Éditions Dalloz (1997). P. 26.
[11]"Dans
la perspective dialectique... les droits de l'homme marquent un progrès
par rapport à la période précédente."
Rivero, Jean
Les Libertés Publiques,
Paris : PUF Themis (1974). P. 88.
[12]"le
marxisme considère la propriété privée des
moyens de production comme la source de l'aliénation des hommes,
et préconise donc sa suppression afin de libérer ceux-ci.
...certains libéraux eux-mêmes vont
contester le droit de la propriété, considérant que
la propriété a, avant tout, une fonction sociale.
...la constitution de 1946, qui s'inscrit dans une
perspective interventionniste et fortement empreinte d'idéologie,
paraît opérer un renversement historique en affirmant : «
Tout bien, toute entreprise, dont l'exploitation a ou acquiert les caractères
d'un service public national ou d'un monopole de fait, doit devenir la
propriété de la collectivité. »
Le caractère « absolu » du droit
de propriété ne paraît plus défendable, ce droit
n'étant qu'un droit relatif fonction des exigences de l'intérêt
général, lui-même variable selon les moments. Mais,
en 1982,le droit de propriété
se voit reconnaître valeur constitutionnelle."
Pontier, Jean-Marie.
Libertés Publiques
Paris : Éditions Hachette (1997). P. 136.
2. Il faut renverser le régime capitaliste corrumpu pour construire la société communiste.
3. Dans la société
communiste, l'homme sera pleinement libre car il n'y aura plus d'Etat oppresseur,
il n'y aura plus pénurie génératrice d'inégalités
et de guerres mais égalité, abondance et bonheur des hommes.
4. Les causes d'aliénation
ayant disparu, l'homme connaîtra son plein épenouissement
et donc la vraie liberté.
5. La grande marche vers
le communisme suppose une longue étape dans l'État socialiste
ou l'homme jouit de droits nombreux mais « conformés »
à l'idéal qu'il doit atteindre.
...La déclaration
du PCF sur les libertés de mai 1975, au contenu fort riche, affirme
que la liberté est un mot vide de sens pour la quasi totalité
de la population et que ce sont les masses qui créent leu propre
liberté"
Roche, Jean; Pouille, André Libertés
Publiques : Éditions Dalloz (1997). P. 26.
[14]"Dans
la critique par les auteurs soviétiques du caractère abstrait
des libertés publiques des régimes libéraux traditionnels,
il y a certainement une part de verité"
Colliard, Claude-Albert,
Libertés Publiques.
Paris: Dalloz, 1989. P. 37.
[15]Ce
terme vien de la Québecois et il est plutôt favorisée
par des élémentes féministes influencées par
la pensée marxienne - bien qu'il -y-ait des différences théoriques
substantif entre le féminisme et le marxisme (question des femmes
ayant souvent priorité sur la lutte de classe chez certaines féministes).
[16]"De
plus, le marxisme est un matérialisme historique. Il considère
que l'homme et la société sont, à chaque moment, le
reflet et le produit de l'histoire et du mouvement dialectique qui l'anime.
Dans cette perspective, l'existence de droits permanents, donnés
une fois pour toutes, et soustraits au mouvement de l'histoire, est évidamment
inacceptable. Comme tout l'appareil juridique, les « droits de l'homme
» ne sont que le reflet des infrastructures économiques, l'expression
du pouvoir de la classe dirigeante, et le moyen pour elle d'imposer sa
domination aux classes exploitées."
Rivero, Jean
Les Libertés Publiques,
Paris : PUF Themis (1974). P.87-88.
[17]"Le
marxisme est un matérialisme. Dès lors, l'existence d'une
« nature de l'homme», transcendante, abstraite, et métaphysique,
se heurte nécessairement à son refus, dans la mesure où
elle échappe à toute constation scientifique." Rivero, Jean
Les
Libertés Publiques, Paris : PUF Themis (1974). P. 87-88.
[18]"droits
et libertés onst subordonnées à une certain finalité
qui définait leurs limites. ...La liberté de la parole, de
la presses, des réunions... est garantie « afin de consolider
et de développer le régime socialiste ».
Rivero, Jean
Les Libertés Publiques,
Paris : PUF Themis (1974). P.92.
[19]"les
libertés soviétiques... ne peuvent s'exercer qu'à
l'intérieur et au service de l'ordre imposé par le pouvoir"
Rivero, Jean
Les Libertés Publiques,
Paris : PUF Themis (1974). P.93
[20]"Droits
et libertés sont «inséparables de l'exécution
des devoirs des citoyens». Rivero, Jean Les Libertés Publiques,
Paris : PUF Themis (1974). P. 92.
[21]La
doctrine marxiste répudie l'existence de droits individuels considérés
comme des limites intangibles du pouvoir de l'Etat sur l'individu. Dominé
à son tour par une conception communautaire [plutôt qu'individualiste],
le régime collectiviste rejette la notion de droits de l'individu
pour le plus grand intérêt de la masse toute entière."
Colliard, Claude-Albert,
Libertés Publiques.
Paris: Dalloz, 1989. P. 36.
"La constitution de 1977
(après celle de 1936) exposait en son chapître 7 les droits
et devoirs fondamentaux des citoyens ...
Conformement aux thèse
marxistes, les droits économiques et sociaux venaient en premier
lieu (droit au travail, au repos, à la sécurité sociale,
à l'instruction...).
Puis venaient les libertés
intellectuelles : liberté d'expression, de réunion de manifestation,
d'assocation ; enfin, les libertés de la personne."
Roche, Jean; Pouille, André
Libertés Publiques : Éditions Dalloz (1997). P.29-30.
[23]Si
on veut contester le caractère carcerele des économies planifiées,
je réfère le lecteur aux statistiques sur le taux d'incarceration
aux Etats Unis et des statistiques sur l'espèrence de vie. Nettement
pire qu'en europe, ces statistiques se revele le caractère opprimant
d'une démocratie bourgeois lorsqu'on considère les statistiques
d'une perspective raciale.
[24]Ces
termes sont ici employé comme purement déscriptif et synyonymes
mais chacun provenant d'une perspective différent - le prémier
du marxisme, la séconde du capitalisme.
[25]"Il
existe des démocraties autoritaires dans lesquelles les libertés
publiques ne sont aucunement garanties. Ces régimes ne réalisent
pas ou réalisent mal les libertés publiques. L'histoire des
institutions politiques, leur étude en droit comparé montrent
l'existence de ces divers régimes.
La première République
française a constitué une expérience de démocratie
autoritaire qui a répudié les libertés publiques...
C'est une formule analogue que l'on retrouve à l'époque contemporaine
dans l'expérience de Lénine. La démocratie léniniste,
sous sa forme première apparaît comme la « dictature
du prolétariat ». Il s'agit d'une démocratie autoritaire
et anti-égalitaire. Dans la pensée de Lénine, il s'agit
là d'une forme transitoire, de durée d'ailleurs non-précisée,
d'une phase intermédiaire nécessaire à l'enfantement
de la véritable société communiste. Et il écrivait
: « La dictature du prolétariat apporte une série de
restrictions à la liberté pour les oppresseurs, les exploiteurs
et les capitalistes Ceux-là, nous devons les opprimer afin de libérer
l'humanité de l'esclavage salarié, il faut briser leur résistance
par la force ».
...
Cette démocratie autoritaire est exclusive
de liberté, du moins de liberté immédiate, mais elle
se prétende le moyen et le seul moyen de la réalisation future
d'une véritable liberté, la condition préalable de
la réalisation future de la liberté, si elle n'est pas liberté
du moins la préface-t-elle, est-elle une « libération
»."
Colliard, Claude-Albert,
Libertés Publiques.
Paris: Dalloz, 1989. P. 39-40.
[26]
Ce terme est une designation trotskyite pour des régimes qu'il régarde
comme étant déformée des leur inception par la doctrine
stalinienne du socialisme dans un seul pays.
[27]
La comparaison n'est pas inapte - le rechtstaat en origine était
employé comme mécanisme à rationaliser le monarchie
allemande qui n'était pas encore démocratisée selon
un modèle bourgeois. La monarchie allemande n'étant pas démocratique,
la question est arrivée (comme dans l'UdRSS) comment assurer une
stabilité du régime malgré sa caractère anti-démocratique
et comment le diriger vers une régime plus garant des droits de
l'homme.
[28]
"A
prendre à la lettre les constitutions de l'U.R.S.S. de 1936 et 1937,
les citoyens soviétiques jouiraient de plus de garanties que ceux
qui vivent dans les démocrqties occidentales. La réalité
est toute différente. Elle montre clairement que, dans les démocraties
populaires, l'exercice des droits politiques comme celui des droits sociaux
n'a ni force juridique ni effectivité véritable.
Vincesini, Jean Jacques
Le Livre des Droits
de l'Homme. Éditions Robert Laffont (1985). P. 201-202
« conformement
aux intérêts des travailleurs et afin d'affermir le régime
socialiste »
...Le monopole du parti
communiste était garanti" Roche, Jean; Pouille, André Libertés
Publiques : Éditions Dalloz (1997).
P. 29-30.
[30]
"Plus
fondamentalement encore, ce que l'on a vu à la source de la situation
dramatique des droits de l'homme dans les « États socialistes
» c'est la sujétion des droits et des libertés à
l'organisation socialiste de l'économie figée par le parti
communiste. C'est donc, finalement, la subordination à la volonté
incontestable de l'organisation politique unique."
Vincesini, Jean Jacques
Le Livre des Droits
de l'Homme. Éditions Robert Laffont (1985). P. 202.
par: Eric Engle
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